• Modalités de mise en oeuvre de la stratégie nationale eSanté 2020


Philippe BURNEL


Délégué à la Stratégie des Systèmes d’information de Santé (DSISS)

au Ministère des Affaires sociales et de la Santé




Lundi 4 juillet dernier, Marisol TOURAINE, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, a présenté la stratégie nationale e-santé 2020 avec un objectif : "accompagner les acteurs du système de soins dans le virage numérique et permettre à la France de rester à la pointe en matière d’innovation". Il y est question de : "mettre le citoyen au cœur de l’e-santé, soutenir l’innovation par les professionnels de santé, simplifier le cadre d’action pour les acteurs économiques et moderniser les outils de régulation de notre système de santé". La Ministre propose des actions pour une meilleure égalité d'accès aux soins, l'"empouvoirement" du patient, le big data au service de la santé, la sécurité des systèmes d'information,... autant de thèmes couverts par CATEL Paris 2016.

La stratégie e-santé du gouvernement a été saluée par le CATEL et de nombreux acteurs, parce qu'elle est globale, approchant l'ensemble des compétences du ministère des Affaires Sociales et de la Santé, mais ces acteurs sont en attente des modalités de mise en oeuvre des différentes actions annoncées dans le document :

- le déploiement d'expérimentations sur la télésurveillance au travers du programme "ETAPES",
- l'appui au développement de labels pour guider les patients et les professionnels de santé dans le choix d'objets connectés fiables et médicalement pertinents,
- la mise à disposition d'une plateforme de consultation publique en ligne sur la eSanté,
- le développement d'une approche de type "Blue Button", permettant d'accéder au DMP en mobilité, puis aux dossiers médicaux hospitaliers,
- des actions de sensibilisation des assurés sur les bonnes pratiques à respecter pour protéger la confidentialité de leurs données de santé,
- un service public d'information en santé, premier vecteur de l'"empouvoirement" des patients, offrant des garanties attendues de sérieux, de rigueur et d'accessibilité de l'information pour tous les publics,
- la mise en service d'un portail public de signalement des événements sanitaires indésirables, permettant aux citoyens de prendre part à la veille sanitaire en complément des dispositifs de veille traditionnels,
- un soutien plus large aux projets de "co-innovation" avec les citoyens et patients,
- un soutien au déploiement des usages du numérique par les associations de patients et d'usagers, à travers des appels à projets,
- le renforcement de la formation initiale et de l'offre de formations continues en matière d'informatique médicale
- le renforcement de l'appui aux projets numériques les plus innovants notamment à travers de nouveaux appels à projets,
- un travail sur les dispositifs d'évaluation des objets connectés en matière de pertinence et de fiabilité médicale, et de protection des données personnelles qu'ils garantissent,
- la mise à disposition de terminologies de références communes permettant de mieux exploiter informatiquement les données médicales à disposition,
- le lancement d'appels à projets afin de promouvoir la recherche sur le traitement automatique du langage naturel, dont le langage médical,
- un travail avec la HAS afin d'adapter les modalités de production des RPC et d 'en faciliter l'exploitation par les professionnels de santé grâce aux outils numériques,
- le renforcement, par le Ministère, de la coordination des expérimentations locales et la précision des conditions de leur évaluation en vue d'une généralisation,
- une clarification des modalités de financement des divers outils d'eSanté,
- la mise en place d'une structure dédiée à l'innovation, qui contribuera à l'élaboration de processus clairs et transparents en matière de financement de l'innovation,
- la définition d'alternatives sûres et ergonomiques à la carte de professionnel de santé,
- l'accompagnement par un plan d'action à court terme de la mise en oeuvre de la politique générale de sécurité des systèmes d'information de santé,
- le soutien par les pouvoirs publics, avec le concours de la HAS, du développement de méthodologies d'évaluation adaptées à l'e-santé en y impliquant les patients et les professionnels de santé,
- la conduite d'un projet fédératif en vue de développer de nouveaux outils de modélisation (anticipation des menaces épidémiques et de leur évolution), d'imagerie et de représentation des données environnementales pour faciliter les interventions de santé,
- organisation de "challenges" (appels à projets ciblés) visant à susciter des approches nouvelles à la veille sanitaire, telles que les approches participatives associant directement les populations concernées,
- l'ouverture des données, par des mesures concrètes pour soutenir des projets prioritaires de big data, et avec la nomination d'un administrateur des données de santé au Ministère de la Santé.
 
Quand et comment ces actions seront-elles mises en place ?
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